News N. 6/86   19/09/2017

"Living is giving ..."

"A White Elephant shall not change its color" written by Professor Alain Deloche, begins as an invitation to an unusual journey "toward the throbbing corners of the heart" and goes on as an adventure novel dragging you to the four corners of the earth. It’s the account of an extraordinary human adventure — one that culinated in the implementation of Western Africa’s first children’s cardiac facility : the Centre Cardio-Pediatrique Cuomo in Dakar.

Below are the extracts from this fascinating read.

UN ÉLÉPHANT BLANC, ÇA NE CHANGE PAS DE COULEUR, Alain Deloche, Michel Lafon, Paris 2017 Paris, p. 282, 17,95 €

C’est finalement à Monaco que le destin des enfants sénégalais a basculé, grâce à Elena Cuomo, une femme engagée et généreuse. A la tête de la Fondation créée par son défunt mari Alfredo Cuomo, elle continue d’aider les enfants au nom de leur droits fondamentaux. Elle a pris fait et cause pour notre projet en finançant la construction et les équipements de notre hôpital. Grâce à elle, nous avons fait sortir de terre notre centre de cardiopédiatrie à Dakar. Avec elle et le professeur Gilles Dreyfus, nous avons jeté les grandes lignes du projet en ne sous-estimant pas les difficultés à venir. La ministre de la Santé du Sénégal, connue dans le monde entier pour sa compétence de médecin, nous a donné le terrain, les médecins se sont mobiliés... et puis Youssou N’Dour, sollicité, est devenu notre ambassadeur impliqué et actif.

Avec les médecins sénégalais, avec Francisco Diaz, le brillant directeur de la Fondation Cuomo, avec Marc Wautier, avec Justine Girard, notre splendide architecte, nous avons établi le dossier de faisabilité où tout était prévu et chiffré… Demeurait tout de même un bémol : la prévision de la gestion financière du futur hôpital. Car il restait un flou sympathique en ce qui concernait la gratuité éventuelle des soins dans notre centre.

Evidemment, il aurait été plus simple et plus clair de décréter la gratuité totale, il fallait bien faire entrer un minimum de liquidités : un hôpital qui ouvre en déficit, ce n’est jamais bon signe pour le futur. Qui va donc payer, combien et quoi ? Nous avons envoyé des experts sur place dont les missions étaient d’établir un système viable et d'imaginer une base forfaitaire pour chaque malade. Face à l’incertitude générale et au manque d’éléments tangibles, nous avons finalement décidé de tout concentrer sur l’ouverture de l’hôpital et de résoudre ces questions comptables dans un second temps. Au début, ceux qui voudront payer paieront. Principe plutôt approximatif, je le sais bien, mais notre priorité est la qualité médicale, non la rentabilité.

Pour la bonne marche du centre, nous avons donc créé un organe collectif de décision composé de tous les acteurs du projet : la Fondation Cuomo, La Chaîne de l’Espoir, la direction du CHNU Fann de Dakar et le ministère sénégalais de la Santé. En arrière-fond, cependant, nous sentons dans l’esprit des Sénégalais une vague idée préconçue : ils nous croient plus riches que nous le sommes ! Avec Francisco, nous essayons de faire comprendre que nous devons organiser la gestion moderne d’un hôpital et de son nécessaire équilibre budgétaire. Nous allons indubitablement être confrontés au fait que seuls 20 pour cent de la population peuvent assumer les frais d’une intervention cardiaque, qui est de l’ordre de trois mille euros. D’où l’idée de créer une caisse de solidarité pour prendre en charge les enfants pauvres.

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